Publié le 29 août 2011

JAZZMAN 2011

La plaque émaillée aux coins rouillés représentée sur la pochette indique la direction du centre de l’Europe, celle qui se tourne vers l’Orient. 10 Hrad?any Praha 1, le quartier du Château qui surplombe Prague, est aussi un lieu de brassage et d’échange… Depuis dix ans, le trompettiste Serge Adam anime le trio Hrad?any et mène ses comparses sur les chemins escarpés et improvisés d’un folklore imaginaire qui mènent toujours au pied du fameux Château.
Dans les compositions originales comme sur le traditionnel « Cigan Müzi?i », qui tutoie les contreforts de l’Anatolie, le saxophoniste Philippe Botta apporte les saveurs d’un Orient qu’il connaît bien pour avoir longtemps évolué auprès de musiciens imprégnés de ces musiques, telle la chanteuse Senem Diyici. Souvent, il délaisse ses saxophones pour le ney, cette flûte traditionnelle que l’on retrouve sous différents noms en Asie Mineure et au Moyen-Orient (naï).
Au centre de Hrad?any, l’accordéoniste David Venitucci, que l’on a pu voir notamment avec Isabelle Olivier ou dans le « Diagonal » de Jean-Christophe Cholet. Son jeu de basses impressionnant cimente la relation passionnelle de ces trois musiciens embarqués dans une musique voyageuse (« A une heure incertaine »), mais son influence ne s’arrête pas à la rythmique. Lorsque le son cuivré de Serge Adam évoque la tradition tsigane (« Bucarest »), l’accordéon omniprésent choisit la couleur appropriée et provoque les virages qui, de Prague à Istanbul, nous entraînent dans des chemins de traverse, que ce soit vers la Mer Noire ou la Méditerranée.
Pour son troisième album, le trio utilise un canevas connu, de la même manière que le musicien traditionnel reprend incessamment le même air afin de le transcender, de le transmettre et d’en chercher la substance. Ainsi, au pivot de l’album on retrouve « Chjusella », déjà présent sur le précédent disque. Cette version plus orientale le rend plus ténébreux. Car en explorant la même veine, le trio renouvelle sa musique sans craindre les redites ; ce n’est pas parce qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil qu’il ne fait pas bon flâner sous ses rayons !

par Franpi Barriaux

 



 

 
 

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Jazzmag - Octobre 2006

JazzMan 2006

 
   
   
 
 


le 26 et 27 août 2006

La Villette
Des rives d'accordéon

Le trompettiste Serge Adam, le saxophoniste Philippe Botta et l'accordéoniste David Venitucci ont fondé, en 2000, Hradcany, trio puissamment improvisateur qui s'inspire avec une rare liberté des musiques de l'Est et du Proche Orient, que ces musiciens connaissent sur le bout des doigts. Le trio s'associe au percussionniste ouvert Bijan Chemirani, fils du maître des zarbs et dafiraniens Djamchid et frère de l'audacieux Keyvan.
Hradcany et Bijan forment un étonnant quatuor où tout le monde est soliste et accompagnateur à la fois pour inventer des airs de fête.
Bouziane Daoudi

 
   
 
 

ZICAZIC.COM
9 septembre 2006


Hradcany & Bijan Chemirani
1 cd audio

Pour cette nouvelle sortie, le trio Hradcãny a panaché ses sonorités et aux fondateurs Serge Adam (trompette), Philippe Botta (saxophone et flûte) et David Venitucci (accordéon) vient s'associer aujourd'hui l'épatant percussionniste Bijan Chemirani pour donner à ce jazz venu de l'Est en général et de la Turquie en particulier un nouveau cachet encore plus attirant. Complices et complémentaires, les quatre musiciens mélangent traditions séculaires et improvisations spontanées pour donner naissance à une musique vivante qui en appelle autant aux rites initiatiques qu'aux cérémonies festives et nous présentent un album à l'étendue musicale très vaste et au charme immédiat ... Quand l'orient s'approche à grandes enjambées des Balkans, ce n'est pas la crainte qui prédomine mais bel et bien l'art !

Faire dialoguer des instruments en frôlant la cacophonie tout en prenant soin de ne jamais y plonger est un exercice dans lequel Serge Adam et consorts excellent et, une fois de plus, c'est sur cette base bien particulière qu'ils s'engagent avec « Balkanic Jazz ». Les notes se prolongent à l'infini ou au contraire s'égrènent discrètement pour mieux marquer l'idée temporaire du concept, cette sensation d'immédiat et en même temps d'infini ... Hradcãny ne poursuit pas de ligne conductrice rigide mais s'efforce au contraire de louvoyer sensuellement autour d'un trait de trompette, d'une portée de saxophone ou encore d'une hachure d'accordéon ... Géométriquement variable, la musique emprunte autant aux couleurs et aux senteurs qu'aux sonorités et c'est l'ocre de la terre ou la fragrance des épices qui surnagent essentiellement d'un ouvrage riche en sensations et fort en émotions. Rehaussé de quelques zarbs, dafs et autres tambourins gracieusement déposés par un jeune maître es-percussions d'origine iranienne installé la France, l'album sort des sentiers battus du jazz pour emprunter quelques chemins de traverse absolument fabuleux ! C'est à découvrir de toute urgence ...

Fred Delforge

 
   
   
 
 
 

 
   
   
 
 
L'Indépendant 13/05/2005 L'Indépendant 23/10/2005  
   
 

 
   
   
 
 
 

 

 
   
   
 
 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 
 
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Un passeport pour l’imaginaire

Serge Adam, trompettiste, compositeur, se montre toujours avide d’aventures musicales nouvelles avec des musiciens venant des horizons les plus divers : électro-acoustique, musiques ethniques ou musiques urbaines. Actuellement en résidence en Champagne Ardenne, il connaît bien la région pour la parcourir depuis déjà trois ans.
« Je suis partout et nulle part » lance t-il. Preuve en est, l’année dernière, il jouait à Reims une création intitulée « Bucarest » sur le parvis de la cathédrale à l’occasion de l’éclipse de soleil, cette année il intervient à Troyes. Il sera à Vendresse le 18 juin en compagnie de deux autres musiciens Philippe Botta et David Venitucci, tous trois réunis autour de leur amour partagé pour le jazz, pour répondre comme en écho aux œuvres monumentales d’Alain Paiment et aux scènes d’images de Juliette Trouillard. « Ce sera un concert itinérant. Notre objectif est de circuler autour des deux expositions tout en jouant. Tout en sachant que nous, musiciens, nous ne serons pas stationnés tout le temps, en même temps, au même endroit. L’idée est de faire une sorte de parcours sonore. De réaliser une interaction entre les sons, les différentes acoustiques… »
Au côté de Serge Adam, le saxo de Philippe Botta et l’accordéon de David Venitucci donneront le la. « Philippe est spécialisé dans les musiques traditionnelles turques. Cela fait dix ans qu’il travaille sur ce folklore. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années aussi à Vendresse, nous allons former un duo qui marche déjà bien. Pour le trio, il fallait quelqu’un qui puisse se déplacer. Cela ne pouvait être une basse ou des percussions. Le bon compromis, nous l’avons trouvé avec l’accordéon ».
Résultat, un trio qui produira une formation forcément originale ; « Avec Philippe nous avons déjà un répertoire à deux. La rencontre va surtout se passer au niveau de la gestion du temps avec l’accordéoniste et de l’espace sonore avec ce même acteur ».

Une rencontre in situ

Si les musiques orientales seront très présentes, une partie plus contemporaine sera également proposée. « Nous tenons à garder ce côté oriental dans cette formule-là car cela va donner une couleur très intéressante sur cette exposition d’art contemporain. Disons que cela peut-être un passeport pour l’imaginaire ». Il ajoute : « On ne connaît ni le lieu, ni les artistes qui vont exposer, c’est ce qui était aussi très sympathique dans le projet. Ce sera véritablement une rencontre in situ. Notre programme va dans ce sens-là. Bien sûr on aurait pu faire une improvisation totale mais nous voulons préserver quelques garde-fous. L’idée est qu’il y ait des moments musicaux où l’on puisse se rejoindre, ce qui nous permettra de rebondir sur des choses plus ouvertes ».
« Le but de cette démarche n’est pas forcément de se faire connaître. L’important est de montrer que l’on est prêts à faire ce genre de chose et que l’on a envie de le faire. J’ai fais quatre concerts dans ce sens dans les Ardennes, à Lescelles, notamment, c’était super. L’objectif étant également d’ouvrir plus largement la porte du jazz. Et montrer que cette musique peut avoir sa place partout et en toutes circonstances ».
A noter que cette création, trompette, saxo et accordéon, sera rejouée au cours de deux autres rendez-vous. L’un parisien, le 19 juin à la Maroquinerie, 25 rue Boyer dans le 20è à 21 heures et le second rémois le 20 juin à l’esplanade Fléchambault à 18h30. « Une création est plutôt quelque chose d’éphémère. Là, nous allons pouvoir en profiter un peu plus » ajoute le trompettiste.
Catherine Tellier